Dispositif Mouv’Emploi à Dreux : 300.000 euros et des voitures proposées aux jeunes pour les aider dans leur emploi
La Mission Locale de Dreux a mis au point le dispositif Mouv’Emploi. 53 entreprises s’engagent à financer ce coup de pouce pour des jeunes qui ont besoin d’un véhicule pour démarrer un parcours professionnel.
Des exemples de jeunes freinés dans leur parcours professionnels pour des soucis de mobilité, c’est le quotidien des conseillers de la Mission Locale de Dreux.
Un Drouais décroche un premier contrat dans la restauration. Il vient d’avoir le permis de conduire mais n’a pas de voiture. Bien sûr, il y a des transports mais avec les horaires décalés, impossible d’assurer le job.
Une jeune fille de Tremblay-les-Villages veut terminer sa formation en alternance, elle a trouvé une entreprise à Dreux ou à Chartres qui veut bien la prendre. Elle n’a pas le permis de conduire, aucun transport en commun adapté ne passe par son village. Elle risque de ne pas pouvoir concrétiser son projet.
Mouv’emploi, qu’est-ce que c’est ?
C’est là que le dispositif Mouv’Emploi prend tout son sens.
« Nous proposons des voitures avec permis ou sans permis à ces jeunes pour leur permettre de mettre le pied à l’étrier. On les accompagne pour leur permettre de passer leur permis et acheter un premier véhicule pendant les trois mois où ils bénéficient d’un prêt ».
La Mission Locale va bénéficier de six voitures avec permis et de trois voitures sans permis à partir de mi-février et mi-mars.
» Les voitures seront stockées à la Mission Locale, mais il y en aura également dans les mairies de Brezolles, Tremblay-les-Villages, Anet et Nogent-le-Roi, communes dans lesquelles nos conseillers tiennent des permanences », poursuit Mina Daoudi.
L’expérience menée à très petite échelle avec cinq scooters mis à disposition de jeunes dans les villages a été concluante :
« Certains ont pu suivre une formation, d’autres entrer en apprentissage grâce à ces deux-roues », analyse la directrice de la Mission Locale qui précise bien « que le prêt de ces véhicules est très encadré et qu’ils ne sont pas faits pour faire du tourisme ».
Mouv’emploi, quel financement ?
Il fallait néanmoins financer le projet. C’est là qu’avec le soutien de l’association Flavien et le Réseau ressources et partage, un vaste mouvement de mécénat s’est mis en place. Cinquante-trois entreprises du bassin d’emploi drouais se sont mobilisées.
Ces entreprises citoyennes s’engagent à faire fonctionner le dispositif à raison de 100.000€ pendant trois ans, soit 300.000€.
Vendredi soir, au centre de loisirs Otium, un chèque de 300.000 € a été remis symboliquement à la Mission Locale. Pierre-Frédéric Billet, maire LR de Dreux et président de la Mission Locale, salue l’engagement des chefs d’entreprise.

« Ce dispositif imaginé par la Mission Locale conjugué à la démarche citoyenne des entreprises prouve ce dont le Drouais est capable de réaliser. Il est important que Dreux ne laisse aucun de ces jeunes sur le bord du chemin de l’insertion professionnelle ».
De son côté, Brigitte Poveda, directrice générale de l’association Flavien et présidente du Réseau Ressources et partage, a fait le déplacement et se montre enthousiaste.
« Ce sont des très beaux moments. Plus d’une cinquantaine d’entreprises qui se mobilisent pour financer une action d’insertion professionnelle, c’est exactement ce que nous cherchons à initier avec l’association Flavien et le Réseau ressources et partage. L’initiative de la Mission Locale de Dreux est très intéressante et pourrait sans doute inspirer d’autres villes. »
Et la suite ?
L’objectif de la Mission Locale n’est pas de devenir une concession automobile, mais bien de résoudre les problèmes de mobilité des jeunes urbains et ruraux. La Mission Locale n’achètera donc pas un parc automobile, mais pense aussi à l’entretien et la réparation.
Mina Daoudi veut mettre en place la possibilité pour les jeunes propriétaires d’une voiture de la faire réparer, de faire un contrôle technique ou remettre à jour une assurance, en établissant des partenariats avec des garagistes.
» Les jeunes conducteurs récupèrent parfois une vieille voiture donnée par un proche. Ils n’ont pas toujours les moyens de payer le contrôle technique, de changer des pneus lisses. C’est source d’infraction ou pire, d’accident ».
