La Mission Locale du Drouais première à décrocher un label qualité national
Quinze mois de travail, un audit très sérieux qui finit par une labellisation nationale : le Label du réseau des Missions locales. Une distinction que la Mission locale du Drouais décroche au même titre que onze autres Missions locales en France et qui lui permet de conforter son rôle d’outil indispensable à l’insertion sociale et professionnelle des jeunes de l’arrondissement de Dreux.
32 ans, Wissam Arrar est bien installé dans la vie. Il se souvient encore de ce premier job café auquel il a participé, il y a douze ans, à l’invitation de la Mission locale du Drouais. Il avait rencontré plusieurs employeurs, dont Léo Pharma. Finalement, c’est dans l’automobile qu’il a trouvé son bonheur.
S’il n’a plus besoin de la Mission locale, en 2024, il ne l’oublie pas pour autant : « Je me suis associé notamment au dispositif Mouv’emploi (1). Ça m’a tout de suite parlé. Moi, j’ai grandi à Marville-Moutiers-Brûlé et je sais ce que c’est de chercher un emploi quand tu n’as ni permis ni voiture. » C’est aussi vers la Mission locale qu’il se tournera « quand j’aurai ouvert mon nouveau garage à Vernouillet et que j’aurai besoin d’embaucher ».
Lien de confiance
Ce lien de confiance que l’équipe de la Mission locale du Drouais cultive avec les jeunes qu’elle accompagne et les chefs d’entreprise avec lesquels elle travaille est un des secrets de sa réussite. Mais, la réputation, le bouche-à-oreille, ne suffisent pas pour ancrer une institution qui a fêté ses 40 ans en février dernier, de façon pérenne dans le paysage. « Quand, en 2022, l’idée d’une labellisation qualité nationale a été proposée, on s’est immédiatement lancé dans l’aventure. » Aventure n’est pas un mot trop fort selon Mina Daoudi, directrice la Mission locale du Drouais depuis vingt ans.
« Cela représente quinze mois de travail acharné pour répondre aux exigences qualité dans tous les domaines, que ce soit les ressources humaines, l’aspect financier, les questions administratives, l’accompagnement des jeunes, les partenariats… Mais, ça a été aussi une aventure humaine formidable. »
La Mission locale employeur, elle aussi
Prudente, Mina Daoudi opte pour un audit blanc avant de se lancer dans l’enquête définitive de l’Afnor. « On a eu 27 sur 35. Avec ça, on avait le label. Mais, je voulais qu’on réussisse à 100 %. » Les équipes remettent l’ouvrage sur le métier. Et, le 20 décembre 2023, la commission nationale décerne le label à la Mission locale du Drouais avec une note de 35 sur 35 (2). « On est la première Mission locale de France à décrocher le label. »
Pas question pour autant de se reposer. Le label est un peu à l’image des étoiles des restaurants remises en cause régulièrement, en l’occurrence tous les quatre ans. Mina Daoudi relance immédiatement un projet pour elle et son équipe : celui du handicap. « Clairement, on n’est pas assez bon sur le sujet. Or, chaque jeune qui franchit le seuil de la Mission locale doit être accueilli, écouté et accompagné. Pour être en capacité d’accueillir et accompagner un jeune en situation de handicap, il faut qu’on soit formé et que l’on collabore avec les institutions dont c’est la spécialité. »
Dans cette logique, la Mission locale se tourne vers le Dame (Dispositif d’accompagnement médico-éducatif) de Vernouillet et les Esat (Établissement et service d’aide par le travail). « Comme nous faisons des permanences dans les structures municipales des villes et des villages, dans les quartiers populaires… nous ferons des permanences au Dame, par exemple. »
Une démarche vers les jeunes
Aller vers plutôt que d’attendre qu’un jeune vienne, caractérise la démarche de la Mission locale du Drouais. « On va renforcer ce principe en modifiant nos horaires : nous irons en soirée ou les week-ends sur des sites où l’on sait que des jeunes se retrouvent. Une façon d’aller chercher ceux qui ne nous connaissent pas ou ne viennent pas à nous. »
Et, parce que la Mission locale s’attache à être exemplaire, elle est employeur de jeunes, elle aussi. « Je ne conçois pas de demander à des entreprises de donner leur chance à des jeunes sans que la Mission locale elle-même s’engage dans cette voie. »
C’est le cas d’Aïssata Diarra. La jeune femme a grandi aux Bâtes, à Dreux, elle a fait ses deux stages de master 1 et master 2 à la Mission locale et y travaille depuis un an et demi. Même chose pour Siham Elhou qui a passé son enfance aux Vauvettes, à Vernouillet. Avec un bac + 5 en poche, elle s’est tournée vers la Mission locale. En pleine crise Covid, pas facile de trouver un premier emploi. Elle est aujourd’hui chargée de communication à la Mission locale.
Valérie Beaudoin

